samedi 21 avril 2018

Retour sur la soirée brassée du 12 avril 2018


Le MCC Lille Métropole a organisé le jeudi 12 avril une soirée brassée au Séminaire de Lille sur le thème « Qu’as-tu fait de ton frère ? ». Cette soirée était ouverte à tous les membres du MCC mais également à toutes les personnes intéressées sur la manière de vivre la solidarité et la fraternité au quotidien. Le MCC Lille Métropole a eu le plaisir d’accueillir comme principal intervenant Mgr Antoine Hérouard, évêque auxiliaire de Lille.

Après un accueil chaleureux sous la forme d’un apéro dînatoire, la soirée a débuté avec une présentation du MCC. Le thème « Qu’as-tu fait de ton frère ? » a été introduit par divers témoignages de membres du MCC sur leur engagement auprès de personnes isolées : association d’aide à la formation professionnelle, accueil de jeunes mineurs non accompagnés, association en soutien aux vendeurs de rue, accueil de Chrétiens d’Orient, etc.



Mgr Hérouard a ensuite pris la parole. Avant de parler de solidarité, de fraternité ou même d’engagement, il est nécessaire de comprendre le lien entre la personne et la société. L’Eglise insiste sur une vérité fondamentale qui est la transcendance de la personne. En effet, chaque personne a une destinée qui dépasse le temps et la société elle-même. Il s’agit là de la source de la dignité de la personne sur toute structure. Cependant l’homme a besoin des autres, donc de la société, pour réaliser sa destinée. Il ne peut pas rester seul. Dans la constitution pastorale Gaudium et Spes du Concile Vatican II, il est rappelé que tous les hommes constituent une seule et même famille, et que nous sommes tous frères. Du rapport entre personne et société existent certaines tensions nées du conflit entre liberté individuelle et vie en société.

Pour trouver un équilibre entre la personne et la société, plusieurs principes sont proposés, dont celui de la solidarité. La personne est dépendante de la société et inversement. Par la reconnaissance d’une même origine, d’une même finalité et d’un devoir de réalisation du bien commun, une unité se créée entre les hommes. La visée de cette unité est la communion. L’Eglise s’oppose ainsi à toute forme d’individualisme et on ne peut pas se désolidariser de son prochain.



Quel est le fondement de cette solidarité ? La communion vise à la reconnaissance d’une fraternité entre les hommes, fraternité qui se trouve au cœur même de la foi chrétienne : nous sommes tous frères, créés, voulus et aimés par Dieu. Ainsi une humanité commune est prise en compte. Jean Paul II explique dans Sollicitudo rei socialis que « [l’autre] devient l’image de Dieu ».

La solidarité est donc à prendre en compte concrètement dans notre société. Il ne s’agit pas seulement d’une solidarité financière, mais également d’un engagement concret au service des autres. La charité ne se contente pas de l’action et de l’observation du résultat. Il est nécessaire de remonter aux causes et de réfléchir à une société en accord avec le projet de Dieu. La société idéale n’existe pas, mais chacun devrait pouvoir agir de l’intérieur avec ses propres moyens. Notre regard et notre façon de voir le monde doivent changer.

Pour servir cette solidarité, l’engagement est nécessaire. Aujourd’hui le manque de temps, la diversité des activités et la virtualisation de la société sont des freins. Cependant, les conditions idéales pour s’engager n’existent pas. Il est nécessaire de s’engager dans la durée car les résultats ne sont pas immédiats. La présence des autres est indispensable et il ne faut pas viser l’exceptionnel. Le réalisme doit se marier justement à l’audace. Enfin l’engagement n’est pas une « Bonne Action » et peut revêtir un caractère ingrat (échec/satisfaction personnelle). L’engagement intervient dans la construction de soi-même.



Merci à tous les participants pour leur présence et les échanges qui ont suivis !

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